15 octobre : Journée de sensibilisation au deuil périnatal 

     


 Au cours des 18 dernières années, j’ai essayé par différents moyens (suivis, groupe de soutien, brochures pour les parents, outils pour les intervenants, formations, conférences, participation dans les médias (télé, presse, radio, magazine), consultante, préceptorat de stages d’étudiantes, bénévolat et même un livre plus récemment) de sensibiliser les familles, les amis, les collègues de travail, les intervenants, les milieux funéraires, les décideurs du réseau de la santé et je suis contente de m’apercevoir que de grands pas qui ont été faits au niveau du deuil périnatal. Certains pas sont encore trop fragiles malheureusement et rien n’est gagné…



Quoi dire encore pour sensibiliser??

Que ce bébé est un vrai bébé peu importe le nombre de semaines vécues

Qu’ils ont le droit d’être guidés et référés aux bonnes ressources et ce dès le moment où la mauvaise nouvelle est annoncée

Qu’ils ont droit d’être accompagnés par des intervenants formés spécifiquement en deuil périnatal

Que les parents ont droit de vivre leur deuil dans toute son entièreté pour pouvoir retrouver le goût de vivre, d’avancer et d’avoir de nouveaux projets

Qu’il n’y a pas de gros deuils ni de petits deuils

Qu’il n’y a pas une bonne façon de vivre son deuil, ni un temps limite « pour en revenir »

Que les hommes et les femmes ont des stratégies d’adaptation différentes mais toutes aussi bonnes

Qu’il faut plus que 3-4 semaines pour vivre son deuil, pour défaire un à un tous les petits projets et moments de bonheur imaginés avec son bébé et se reconstruire un autre avenir sans lui

Que ce bébé fera toujours parti de leur famille, qu’il restera gravé dans leur cœur pour toute leur vie et qu’ils ne l’oublieront jamais

Que les parents ont besoin du soutien, de la compréhension et de la reconnaissance de leur bébé comme membre à part entière de leur famille

Que les parents apprécient une main tendue, d’un câlin, d’une carte de sympathies, d’un bouquet de fleurs, d’un repas tout préparé pour les jours plus difficiles émotivement, d’un coup de téléphone, d’une visite, d’une présence enveloppante et surtout de pouvoir parler de leur bébé décédé, de montrer les photos et les souvenirs de leur bébé, les seuls qu’ils auront pour toute la vie.

Qu’ils ont besoin qu’on mentionne le nom de leur bébé et qu’on se souvienne de lui par des attentions spéciales lors de dates ou de moments importants

Que vous ne causerez pas de peine à un parent endeuillé en lui parlant de son bébé, mais que vous lui ferez le plus beau des cadeaux en leur donnant l’espace pour déposer sa peine, parler, pleurer, raconter, rire et se souvenir. Que cela vaut mieux que le mutisme qui peut être perçu comme de l’indifférence

Que lorsqu’on ne sait pas quoi dire à un parent qui vient de perdre son bébé, des fois le silence ou un simple « Je suis vraiment désolée pour vous, je ne sais pas quoi dire » vaut beaucoup mieux qu’une phrase toute faite qui peut blesser

Que la grossesse suivante nécessite souvent un soutien tout aussi important

Que l’espoir renaît qu’il est possible d’apprécier la vie à nouveau



Il faut s’unir plus que jamais pour consolider le soutien, les services, les ressources et les soins offerts aux parents endeuillés de leur tout petit bébé.  Ce bébé qui a eu un grand impact dans leur vie malgré leur trop courte existence sur terre.

S.v.p., ayez une pensée ou un geste vers un parent endeuillé en cette journée de sensibilisation…


Si vous ne savez pas quoi dire, ne dites rien et manifestez votre soutien par une main sur une épaule ou un câlin...offrez vos sympathies ou dites que vous êtes sincèrement désolés de ce qui leur arrive.


S.V.P. Évitez les phrases suivantes blessantes ou qui minimisent…

C’est mieux d’même

C’est la volonté de Dieu

La nature fait bien les choses

Faut voir le bon là-dedans, vous avez un petit ange qui veille sur vous maintenant

C’est moins pire, tu n’as pas eu le temps de le connaître

C’tait juste un fœtus

T’es jeune, tu vas en avoir d’autres

Tu vas grandir à travers cette épreuve

Ça va bien aller, vous allez en faire un autre bébé

Au moins tu sais que tu es capable de tomber enceinte

Ça arrive souvent, tu sais!

Ce n’était pas encore un bébé!

Ça va aller mieux la prochaine fois....

Au moins, tu as déjà un autre enfant

Tu voulais trop

Moi aussi, je connais quelqu'un à qui c'est arrivé.

Tu en feras un autre.